Pousser le portail, c’est déjà ralentir.
Le bruit du quotidien s’efface peu à peu, remplacé par quelque chose de plus doux, de plus calme. Myriam accueille avec un sourire simple, presque discret. Très vite, on se sent à sa place, comme invité à partager un instant de son univers.
Dans l’atelier, les fils de laine attirent le regard. Teints à la main, ils déclinent une palette de nuances naturelles, chaudes, parfois surprenantes. À l’extérieur, les animaux ne sont jamais bien loin. Ici, rien ne semble pressé. Tout suit un rythme apaisé, celui des saisons, des gestes répétés, du temps qu’il faut pour bien faire.

Une reconversion guidée par le vivant
Le parcours de Myriam Noirot ne suit pas une trajectoire toute tracée. Pendant plusieurs années, elle a exercé le métier d’infirmière. Un métier tourné vers les autres, déjà ancré dans une forme d’attention au vivant. Puis vient le besoin de se rapprocher autrement de ce qui l’entoure. De prendre le temps, d’observer, de faire différemment.
Ses projets se construisent progressivement, sans précipitation. Essais, ajustements, choix mûris… une démarche intuitive mais exigeante, où chaque étape compte.
Peu à peu, la laine devient une évidence.


La laine comme fil conducteur
La laine s’installe dans son quotidien. D’abord celle du mouton, puis celle de l’alpaga, qu’elle apprécie particulièrement pour sa finesse et sa douceur.
Mais ici, rien n’est standardisé. Myriam élève quelques animaux, en prenant soin de respecter leur rythme, leurs besoins, leur caractère. Chaque animal a sa place, son histoire. La production n’est jamais une finalité. Elle s’adapte au vivant, et non l’inverse.
De la matière au geste
De la toison au vêtement, Myriam maîtrise l’ensemble des étapes. Tri des fibres, filage, teintures végétales… chaque phase demande précision et patience. Certaines techniques, comme le filage, restent rares et nécessitent un véritable savoir-faire.
Les couleurs, elles, ne se décident pas complètement à l’avance. Les plantes, la saison, l’eau… tout influence le résultat. Cette part d’incertitude fait partie intégrante du travail.
Dans l’atelier, les gestes sont sûrs, presque méditatifs. Le tricot devient un outil de création à part entière. Les modèles ne suivent pas les tendances, mais une logique plus durable : confort, justesse, relation à la matière.



Transmettre, naturellement
Partager fait partie intégrante de son quotidien. Accueillir des visiteurs, échanger, montrer… ici, la transmission se fait simplement. On apprend autant en observant qu’en écoutant.
Tout au long de l’année, Myriam propose des cours et des ateliers autour de la laine et des teintures végétales. Une manière de faire découvrir ses gestes, mais aussi son approche respectueuse du vivant.



Un mode de vie cohérent
Au fil des années, Myriam Noirot a construit bien plus qu’une activité : un mode de vie.
La laine, le jardin, les couleurs, les animaux… tout s’articule avec cohérence. Une façon d’habiter le territoire avec attention, en prenant le temps et en restant fidèle à l’essentiel.
On repart avec une impression particulière.
Celle d’avoir rencontré une personne, bien sûr…
Mais aussi une manière de faire, et peut-être même une autre manière de voir.


